La Wallonie vit depuis des décennies dans la douleur de combats politiques qu'elle n'a pas voulus. Les partis politiques traditionnels entretiennent le flou et même la peur quant à notre avenir. Nous refusons cette fatalité et leur mépris. Les Wallons sont courageux, volontaires et fiers de ce qu'ils sont, comme de ce que leurs ancêtres ont réalisé.
Il n'est pas illégitime, et bien au contraire quand on voit la volonté flamande de continuer à "vampiriser" ce qui reste des institutions belges (Sécurité sociale, Justice, SNCB,...), de considérer que la partition du pays serait la meilleure solution pour les différentes communautés De même, il est légitime de se demander quel est le surcoût lié au fait de vouloir maintenir l'État Belgique. L'étude de la KUL réalisée en 2006 au sujet de la méthodologie utilisée pour l'analyse des transferts interrégionaux en est d'ailleurs un très bon indicateur (étude devenue très rapidement inaccessible).
Depuis 1830, de grandes choses ont été faites ensemble ! Ne regrettons rien !
La Belgique est née de la volonté des grandes puissances européennes. Elle s'est notamment affirmée par le travail et la qualité de l'engagement des Wallons. Actuellement, l'Etat belge est complètement dominé par la Flandre et n'est plus digne de la confiance des Wallons. Cette Flandre qui devient de plus en plus une Nation.
De quel droit lui refuserions-nous celui, reconnu à tous les Peuples, de disposer d'eux-mêmes? Et de choisir se choisir un avenir sans nous ? Nous ne pensons pas pour autant que l'histoire belge ait été vaine ! Nous savons aussi que beaucoup de Wallons n'ont pas envie de renier ce qui sera un jour leur "passé belge". Nous non plus !
Nous sommes un parti qui rassemble, autour d'un même projet, les sensibilités de gauche, du centre et de droite, comme celles régionalistes, indépendantistes et rattachistes, toutes dignes et légitimes à nos yeux.
Nous avons constaté comme chacun que la Belgique est en voie de disparition sous la pression nationaliste flamande. Il est donc essentiel de préparer l'avenir de la Wallonie. Et les conditions de son indispensable autonomie.
Chez nous, chacun a la possibilité de s'exprimer pleinement, dans le respect de tous. Cette règle essentielle nous permet de substituer la culture de la confrontation démocratique des idées à celle du consensus mou, ce qui représente un exercice à la fois exigeant et enrichissant. Quelle que soit votre sensibilité, chacun d'entre vous a sa place au sein de "WALLONS".
L'État belge est entré dans une phase décisive de restructuration. Chacun sait que les moteurs de ces réaménagements se situent en Flandre Or, la Flandre, actuel moteur économique dans l'État belge, exige des réformes, mais elle hésite entre deux stratégies : soit obtenir une autonomie de plus en plus large avec, à l'horizon, la constitution d'un État souverain, soit conserver son leadership dans une Belgique qui peut encore servir... Il est vraisemblable que l'hésitation durera tant que la question bruxelloise n'aura pas trouvé une solution satisfaisante aux yeux des Flamands, pour lesquels l'indépendance de la Flandre ne peut s'obtenir au prix d'un abandon de Bruxelles.
Avant d'argumenter sur la destinée politique de la Wallonie en cas de scission belge (Régions autonomes, indépendance des Régions, Etat Wallonie-Bruxelles, réunion à la France, .), il est important de poser, aujourd'hui et pour le futur, les lignes claires d'un objectif de vie en commun, les lignes de conduite pour une Région wallonne autonome et innovante, quelle que soit l'appartenance institutionnelle future de notre Région.
Les partis francophones, qui pour reprendre l'expression de Lucien Outers, « sortent le coq aux grandes occasions médiatiques et le rentrent aussitôt passées ces émotions » n'ont pas produit de véritable projet wallon autrement qu'en réaction au projet d' «État-Nation» flamand. Nous ne voulons plus subir mais devenir les acteurs de notre propre avenir !
Depuis des décennies, la Flandre travaille, inconsciemment ou dans le déni parfois, à la construction et à la consolidation d'un État-Nation flamand à part entière. C'est un combat du XIXe siècle mais qui est réel et qu'il faut admettre, en ne banalisant pas les manifestations de radicalisation linguistique d'ailleurs condamnées par les instances internationales. La voie est ouverte à l'indépendance sournoise et inéluctable de la Flandre ou pire, à une sorte de colonisation cachée, mais réelle de la Wallonie, dans une Belgique où notre Région serait institutionnellement «minorisée» (par exemple dans l'état « confédéral à deux » aux modalités que la Flandre veut nous imposer).
Jouer plus longtemps le jeu des Flamands en allant jusqu'au bout de ce processus, continuer ainsi une politique de marchandages fastidieux et louches de compromis, en passant par de longues crises toujours plus intenses, enverra inéluctablement notre démocratie dans l'impasse et coûtera très cher à la Wallonie.
Le niveau régional est le plus approprié, par sa proximité, sa souplesse et sa cohésion, pour faire face aux défis imposés par les problématiques de survie qui dominent désormais nos choix immédiats dans les domaines essentiels suivants :
-l'environnement : notre avenir dépendra dans les prochaines années de notre aptitude à maîtriser la production et la consommation d'énergie, en passant notamment par une refonte complète des systèmes de transport;
- la démographie : alors que l'Europe vieillit et ne pourra plus - à politique inchangée - assurer la charge de ses retraités à bref délai, le Sud explose et fait pression sur le Nord, réclamant à juste titre sa part du gâteau constitué depuis deux cents ans.
- l'économie : la spéculation et un capitalisme financier incontrôlé pompent insolemment les finances publiques et mettent en danger une politique européenne pourtant efficace de redistribution des revenus, ainsi que les choix industriels novateurs. La crise commencée en 2008 en est l'illustration éloquente ;
- la démocratie et la culture : l'aggravation de l'obsession sécuritaire au service d'une certaine conception de l'ordre et de la propriété fragilise gravement nos libertés publiques et le fonctionnement des institutions démocratiques (parlement, gouvernement, justice, police, etc.); parallèlement, la mainmise des groupes financiers spéculatifs sur les médias uniformise l'information et la culture, la création originale sombrant dans la misère.
La Wallonie a l'avantage de ne pas connaître de chauvinisme conservateur, ce qui en fait un territoire d'accueil où les « étrangers » passent et s'installent depuis des siècles. Cette ouverture sur le plan nationaliste constitue paradoxalement un atout au sein de l'Europe des Régions face à des structures rigides ancrées sur la méfiance et/ou l'arrogance.
Une identité wallonne, fondée sur la fraternité et l'égalité comme moteurs du changement social, culturel et économique, nous apportera un dynamisme faisant l'économie des errements nationalistes ancrés, comme au Nord du pays, sur la compétition, l'écrasement, l'individualisme, la discrimination et l'appauvrissement des plus faibles.
«WALLONS» veut que cessent les divisions au sein du Mouvement wallon, réconcilions sur un projet commun les régionalistes, les indépendantistes, les francophiles, les rattachistes. Les francophiles ne sont pas des "rattachistes jacobins", les régionalistes et indépendantistes ne sont pas des "ringards" ; les uns comme les autres cherchent une solution digne pour leur Région.
Pour l'heure, la seule proposition raisonnable est celle de «WALLONS» : une union autour de l'émergence et du redressement complet de la Wallonie. Seule cette union permettra de développer ses potentialités, pour qu'elle jouisse des moyens pléniers de son épanouissement, sur les quatre axes que sont l'économique, le social, l'environnemental et le culturel. Ainsi, il existe un passage obligé pour tous : la demande d'une autonomie accrue des Régions de Bruxelles et Région wallonne pour permettre à chacun de choisir par après son avenir.
Combler le « déficit symbolique » évident. La Région wallonne doit être en possession de compétences en matière de Culture et d'Enseignement pour être maître de son image et de sa communication. Dans ce cadre, la possibilité de retrouver sa capacité de créer et la maîtrise de son avenir passe par la construction d'une image d'elle-même intégrant de façon cohérente passé, présent et visions d'avenir. (Privée des moyens symboliques de se construire une image valorisante, la Wallonie est seulement perceptible par son folklore et par les avatars d'une laborieuse reconversion économique et rarement par les fleurons de son savoir-faire passé et présent).
Il est nécessaire de travailler notamment au travers de projets européens, à des rapprochements avec nos voisins. Pour cela, il est urgent de réconcilier les Wallons avec eux-mêmes et avec leur Région.
Quel que soit le cadre politique futur, «WALLONS» se battra pour obtenir le maximum pour la Wallonie, en faire une région forte et cohérente. Il faut valoriser au mieux les potentialités réelles d'autonomie que nous donnent les institutions actuelles, celles que la réforme en cours nous donnera et préparer dès maintenant le futur.
«WALLONS» veut voir les Wallons réinvestir la scène politique, redevenir les acteurs à part entière du développement de la Wallonie, les acteurs premiers de leur devenir.


